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Le spectacle vivant est un monde passionné, fragile et plein de contradictions. On y parle d’art, d’argent, de mission, de visibilité… parfois avec gravité, parfois avec mauvaise foi.
Ces chroniques n’attaquent pas : elles observent. Avec humour, un peu d’ironie et beaucoup d’affection. Elles pointent nos habitudes, nos postures et nos paradoxes — parce qu’aimer le théâtre, c’est aussi savoir en parler et en rire..
Regarder nos travers, c’est peut-être déjà commencer à les comprendre.
On entend souvent : “Ça ne fait pas rire.” Comme si le rire était devenu le principal critère de succès. Mais le théâtre a-t-il pour seule mission de divertir ? Doit-il répondre aux logiques de consommation rapide, d’émotion immédiate, de rentabilité rassurante ?
Dans cette nouvelle chronique, je m’interroge sur la place des textes d’auteur aujourd’hui : leur exigence, leur fragilité, leur nécessité. Entre divertissement et profondeur, quelle place voulons-nous laisser à la complexité sur nos scènes ?
Parce qu’autoproduire aujourd’hui n’est plus une option secondaire mais une nécessité structurelle pour de nombreuses compagnies, nous avons fait le choix d’assumer pleinement cette réalité. Plutôt que de la subir, nous en avons fait un moteur de développement, de diversification et de réinvention.
Autoproduire aujourd’hui, c’est accepter une instabilité permanente. Mais c’est aussi revendiquer une liberté : celle de choisir nos sujets, nos formats, nos partenaires.
On les oppose comme deux écoles irréconciliables : le théâtre public, noble et subventionné, contre le théâtre privé, efficace et rentable. L’un serait le gardien du sens, l’autre le champion du divertissement. Mais derrière les postures, les discours et les clichés bien rodés, la frontière est souvent plus théâtrale que réelle. Petite satire d’un duel très français… où tout le monde joue finalement dans la même pièce.
Dans le spectacle vivant, la passion sert souvent de monnaie d’échange. Derrière le romantisme du métier artistique se cache une réalité moins brillante : celle d’un secteur qui a appris à maquiller la précarité en vocation. Cette chronique démonte le mythe séduisant du “faire par passion” et interroge ce que coûte réellement cette noblesse imposée.
Le Théâtre des invités permanents
À force de vouloir remplir les salles à tout prix, le spectacle vivant a peut-être inventé son propre poison. Derrière la générosité affichée des invitations se cache une mécanique redoutable : spectateurs chasseurs de gratuité, critiques désengagées qui influencent les algorithmes, intermédiaires qui facturent des frais sans financer la création, compagnies sommées de payer pour offrir leur travail.
Cette chronique acide démonte un système où la salle est pleine… mais la valeur s’évapore.
Le dossier de subvention, œuvre dramatique en 12 actes
Avant même d’exister sur scène, un spectacle vit souvent sa première représentation… sur papier.
Le dossier de subvention est devenu un genre dramatique à part entière : quarante pages pour prouver qu’une comédie romantique participe à la cohésion sociale et à la transformation du monde. Petite plongée amusée dans cette œuvre administrative où l’on joue parfois plus avec les mots qu’avec les projecteurs.
Dans le spectacle vivant, un danger rôde plus sûrement qu’une critique assassine : le fauteuil vide. Qu’importe que le spectacle soit bon, que le public présent soit conquis — s’il reste des places, c’est presque un drame existentiel.
Petite satire de cette obsession très contemporaine du taux de remplissage, où l’on confond parfois succès artistique et photographie parfaite d’une salle comble.
On le redoute, on l’espère, on l’analyse à distance comme un oracle moderne : le programmateur. Un sourire de sa part peut lancer une tournée, un silence peut glacer une saison.
Entre coup de cœur artistique et tableau Excel, il avance sur un fil. Petite satire affectueuse de cette figure incontournable du spectacle vivant, à la fois stratège, diplomate… et funambule permanent.
Annoncé comme un pilier de l’éducation artistique, le Pass Culture (part collective) devait structurer durablement la rencontre entre élèves et spectacle vivant. Gelé, réévalué, réajusté, puis partiellement réactivé à des montants symboliques, le dispositif laisse depuis un an des projets à l’arrêt et des compagnies dans l’attente. Entre discours rassurants et réalité incertaine, cette chronique revient sur une mécanique budgétaire qui interroge — et sur le malaise qu’elle installe dans une indifférence presque générale.
Peut-on être subventionné et libre ? La question traverse régulièrement le spectacle vivant, entre soupçon de dépendance et défense de l’intérêt général. L’argent public protège-t-il la création ou l’encadre-t-il subtilement ? Entre liberté revendiquée, contraintes administratives et autocensure discrète, cette chronique explore avec ironie cette relation ambiguë où l’on se finance… sans jamais vouloir se laisser tenir.